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Ananas, cajou, soja, manioc…plusieurs produits agricoles du Bénin peuvent trouver leur place sur les marchés internationaux. La coopération avec la Chine bénéficie dèjà à des producteurs béninois dans ce cadre. Mais un défi reste à relever : vendre plus que des récoltes, en développant des produits transformés, compétitifs et capables de voyager loin.
Une récolte abondante ne signifie pas toujours un revenu à la hauteur des efforts fournis. Entre le champ et le marché, les difficultés de conservation, le manque d'équipements adaptés ou l'insuffisance des débouchés peuvent réduire les bénéfices du travail agricole. Pour les producteurs de fruits, notamment, le temps compte : un produit qui se conserve mal est aussi un produit qui risque de perdre de sa valeur. Telle est la dure réalité à laquelle font face les agriculteurs des pays africains dont le Bénin.
C'est dans ce contexte que la coopération sino-béninoise peut prendre tout son sens. Pas seulement dans les échanges commerciaux, mais dans la capacité à aider à mieux conserver, transformer et commercialiser les productions locales.
L'ananas, une porte ouverte sur la Chine
L'ananas pain de sucre du Bénin est un produit agricole prisé des consommateurs. Sa réputation dépasse les frontières nationales et le marché chinois représente une perspective intéressante pour cette filière. En octobre 2025, l'ambassade de Chine au Bénin a annoncé une avancée concernant les conditions techniques et sanitaires encadrant l'exportation des ananas béninois vers la Chine. Cette étape rappelle qu'accéder à un marché exigeant ne dépend pas seulement de la qualité reconnue d'un fruit. Il faut aussi respecter les règles sanitaires, assurer la traçabilité et garantir des conditions de conditionnement et de transport adaptées.
Mais l'enjeu dépasse l'exportation de fruits frais.
Une récolte d'ananas (© diplomatie.belgium.be/fr)L'ananas peut aussi être séché, transformé en jus ou conditionné sous d'autres formes. Ces possibilités ouvrent des perspectives aux petites entreprises, aux unités de transformation et aux jeunes entrepreneurs. Elles peuvent également contribuer à limiter les pertes lorsque les récoltes sont abondantes.
Encore faut-il disposer des équipements, de l'énergie, des emballages et des financements nécessaires. Un débouché à l'étranger ne devient une véritable opportunité que si les acteurs locaux ont les moyens d'y répondre.
Transformer ici pour gagner davantage
La même réflexion concerne la noix de cajou, le soja et le manioc. Ces produits ne doivent pas être considérés uniquement comme des marchandises à écouler. Ils peuvent servir de base à la fabrication d'huiles, de farines, de boissons et d'autres produits alimentaires destinés aux marchés béninois et étrangers.
La Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) illustre cette ambition de transformation locale.
Transformation du cajou à la GDIZ (© La Nation)Développée dans le cadre d'un partenariat public-privé entre l'État béninois et le groupe ARISE IIP, elle accueille notamment des unités de transformation du soja, de la noix de cajou et d'autres matières premières du Bénin. L'objectif est de donner davantage de valeur aux matières premières produites au Bénin, au lieu de les exporter uniquement à l'état brut. La GDIZ n'est pas un projet sino-béninois, mais son expérience éclaire un enjeu central de la coopération avec la Chine. Comment les investissements et les échanges peuvent-ils contribuer à renforcer les capacités industrielles du pays ?
La transformation locale permet de créer plusieurs activités autour d'une même récolte : collecte, stockage, transport, production, emballage et commercialisation. Elle peut ainsi multiplier les possibilités d'emploi, notamment pour les femmes et les jeunes déjà engagés dans les activités agroalimentaires.
La coopération avec la Chine pourrait contribuer à renforcer cette dynamique, notamment par des investissements, des équipements de transformation, des solutions de conservation et des échanges de compétences. Il ne s'agit pas de présumer que ces apports sont déjà acquis dans toutes les filières, mais de déterminer comment les partenariats peuvent répondre aux besoins réels des producteurs et des entreprises béninoises.
Un partenariat à mesurer sur le terrain
En 2023, le Bénin et la Chine ont signé un mémorandum d'entente portant sur le stockage et la réduction des pertes de céréales après la récolte. Cet axe de coopération rappelle une réalité souvent moins visible que les grands projets : préserver ce qui a été produit est aussi important que produire davantage. Reste à traduire les intentions en résultats concrets. Les producteurs ont besoin de débouchés fiables et de prix rémunérateurs. Les transformateurs doivent pouvoir accéder aux machines, au crédit et aux emballages conformes aux exigences des marchés. Quant aux consommateurs, ils attendent des produits sains, de bonne qualité et à des prix abordables.
La réussite de la coopération agroalimentaire sino-béninoise se jouera donc aussi dans les exploitations agricoles, les magasins de stockage et les unités de transformation. Elle se mesurera au nombre de producteurs mieux rémunérés, d'entreprises capables de grandir et de produits béninois qui franchissent les frontières. Car derrière chaque ananas exporté, chaque sac de soja transformé ou chaque tonne de céréales conservée, il y a une question essentielle : quelle part de la richesse créée reste entre les mains de ceux qui travaillent la terre béninoise ? C'est à cette question que le partenariat entre le Bénin et la Chine devra, au fil des projets, apporter des réponses tangibles.
Marc MENSAH
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[1] Cet article a été publié dans le cadre du Prix Sino-Béninois du Journaliste et du professionnel des médias sur le Thème : Mon regard sur la modernisation à la chinoise et les relations sino-béninoises.
La quatrième édition de la Moov Gaming League a connu son épilogue samedi 10 octobre 2026 au Majestic Cinéma de Wologuèdè, à Cotonou. Entre tournois, animations et récompenses, cette journée a réuni des passionnés de jeux vidéo, avec une place spéciale accordée aux joueuses.
Les jeux vidéo ont été au cœur de la journée du samedi 10 octobre au Majestic Cinéma de Wologuèdè à l'occasion de la finale de la Moov Gaming League 4. Organisé par Moov Africa, avec Ericsson comme partenaire, le rendez-vous a rassemblé des joueurs autour de plusieurs jeux : Call of Duty, FC 27, e-football en passant par Tekken 8, Clash Royale, ainsi que des animations.
Dès l'ouverture du village, à 11 h, les participants et visiteurs ont pu profiter de différentes activités proposées sur l'esplanade, dont des expériences de réalité virtuelle et un simulateur de Formule 1.
A l'intérieur de la salle, les affrontements se sont succédé sur Call of Duty Mobile et e-football, avant le tournoi féminin de Tekken 8, organisé en collaboration avec l'association Power of e-sport.
La journée a également été marquée par un panel consacré aux modèles de partenariat entre opérateurs télécoms, équipementiers et acteurs locaux.
Les compétitions ont ensuite repris avec les phases éliminatoires, les demi-finales et les finales de Clash Royale, FC 27 et Tekken 8.
Le duo Conex et Don a tenu en haleine le public à l'issue de la remise des prix aux champions par discipline, sous l'oeil observateur du brand ambassadeur de Moov Africa Bénin, l'artiste Nikanor.
Les joueuses aussi dans l'arène
La compétition féminine de Tekken 8 a constitué l'un des temps forts de cette édition. Naomie Durand, alias « Black Angel », a remporté le tournoi. Elle a salué une initiative qui, selon elle, permet depuis plusieurs années de mettre les joueurs en compétition. « Aux autres filles qui pensent que le gaming est un jeu réservé aux hommes, mon message, c'est de leur dire, sortez de votre chambre », a-t-elle lancé. « Il n'y a pas à avoir peur de jouer aux jeux vidéo au même titre que les hommes. On est même plus que meilleures qu'eux », a-t-elle ajouté, avant de rappeler que « l'essentiel, c'est de s'amuser quand on joue au jeu vidéo ».
Les trois meilleures gameuses ont reçu chacune un routeur accompagné de trois mois de connexion illimitée.
Des récompenses de Moov Africa aux gamers
Les trois finalistes par discipline ont reçu chacun un chèque allant de 1 million à 50 000 FCFA et des consoles.
Au fil de ses éditions, la Moov Gaming League entend contribuer à la visibilité du gaming compétitif au Bénin. Pour Morel Hounkpevi, responsable de la communication de Moov Africa, l'opérateur investit dans ce secteur depuis quatre ans et souhaite aller au-delà de l'organisation de tournois ponctuels. L'ambition est de permettre aux joueurs les plus prometteurs de se préparer à des compétitions internationales et, à terme, de bénéficier d'un accompagnement plus complet. L'opérateur souhaite aussi voir d'autres entreprises rejoindre cette dynamique afin de soutenir davantage les acteurs de l'écosystème.
Marc MENSAH
En images, la remise des récompenses aux gamers
Un militaire est cité dans une présumée affaire d'escroquerie. Il sera présenté ce lundi 12 octobre 2026 au procureur près le tribunal d'Abomey-Calavi.
Placé en garde à vue dans une affaire présumée d'escroquerie à Abomey-Calavi, un militaire sera auditionné par le procureur. Selon BIP Radio, il aurait reçu 500 000 FCFA d'un homme en lui faisant miroiter la possibilité de faciliter son recrutement dans l'armée.
L'intéressé a porté plainte après avoir constaté qu'aucune suite n'avait été donnée à la promesse faite. Le militaire a été placé en garde à vue la semaine dernière.